François-Michel Lambert, Député écologiste des Bouches du Rhône #circo1310


Conférence Nationale sur la Logistique organisé par le Gouvernement à Paris



Alain Vidalies, Secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche a missionné François-Michel Lambert pour présider la conférence et les travaux.

La logistique et la supply chain constituent un des enjeux de la performance de l’économie et de l’emploi en France.

Alain Vidalies et Emmanuel Macron ont pris l’initiative, prévue par la loi du 28 mai 2013 sur les transports, d’organiser une conférence nationale sur la logistique.

L’objectif de cette conférence nationale est de débattre avec les acteurs économiques, sociaux et politiques concernés, à la lumière des expériences internationales, des actions à mener par tous en faveur d’une compétitivité accrue des chaînes logistiques en France, au sein des territoires.



Discours de clôture d’Alain Vidalies, Secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche.
 
Monsieur le député François-Michel Lambert, président des travaux de la conférence nationale logistique,
 
Mesdames et messieurs les chefs d’entreprise, les représentants de fédérations qui oeuvrent dans la logistique,
 
Mesdames et messieurs,
 
Je tiens tout d’abord à remercier l’ensemble des personnes qui ont contribué à la Conférence Nationale Logistique, et ils sont nombreux : depuis le comité scientifique qui a réalisé le diagnostic, en passant par tous ceux qui ont répondu à la consultation nationale et enfin ceux qui ont participé aux ateliers de travail.
 
La logistique ne se résume pas à l’organisation des flux de transports. Le périmètre même de mon ministère a pu être qualifié de « ministère des transporteurs ». Pourtant ma charge est bien celle de l'organisation et du fonctionnement, dans leur ensemble, des déplacements de personnes et des échanges de marchandises dans notre pays.
 
Pour le déplacement de personnes, la mobilité urbaine est en pleine mutation. La multi-modalité, la désintermédiation entre le prestataire et le client, et le développement de services de transport effectués par des non-professionnels, comme le co-voiturage, bouleversent l’ensemble du système.
 
Pour les transports de marchandises, ce système, c'est celui de la logistique, qui inclut les fonctions d’entreposage, parfois une part de la production, les flux financiers et d’information. Et ces domaines sont porteurs de révolutions techniques et numériques qui remettent aujourd'hui profondément en question ce système, comme nos débats nous l'ont montré.
 
Le point de départ de l’exercice est celui d’une démarche de consultation : nous sommes partis des besoins des entreprises, des attentes des territoires, et des souhaits des opérateurs.
 
Cette approche consultative était un préalable essentiel pour bien cibler, ce qui était attendu des pouvoirs publics en général et de l’Etat en particulier.
 
1. Tout d’abord, le premier bénéfice de la conférence nationale sur la logistique est la mise en lumière, si besoin était, de l’importance stratégique du secteur de la logistique.
 
Il faut je crois insister sur le caractère inédit de cette démarche : jusqu’à aujourd’hui, l’Etat n’avait jamais donné cette place à la logistique.
 
L’organisation de cette conférence est un acte d’exploration et d’anticipation. Quand on sait que la logistique représente jusqu’à 1,8 millions d’emplois et contribue à hauteur de 10% au PIB de la France.
 
Nous devons pourtant y voir une contribution à la richesse nationale.
Dans cette salle, nous avons tous la conviction que si une mauvaise logistique créé des nuisances à la société, à l'inverse une bonne logistique améliore la vie quotidienne de nos concitoyens même si elle ne leur est pas immédiatement visible : il faut maintenant le faire savoir au grand public et à tous les décideurs.
 
Nous avons mis en place une dynamique qu’il faut poursuivre pour parvenir à des résultats.
 
2. Le deuxième enseignement de cette journée, c’est que l’Etat et plus largement les pouvoirs publics sont largement attendus, bien que la logistique repose majoritairement sur les acteurs privés.
 
C’est pourquoi, et nous nous y sommes engagés avec Emmanuel Macron, cet exercice débouchera sur une Stratégie Nationale pour la Logistique qui sera présentée d’ici la fin de l’année 2015.
 
Mais cette intervention de l’Etat doit reposer sur un contrat avec les acteurs privés de la logistique. En effet, dans le même temps, les acteurs privés de la logistique sont appelés à se structurer ; c’est l’action que poursuit mon collègue Emmanuel Macron au sein de la
Commission Nationale des Services.
 
L’Etat prendra sa part, mais cet exercice ne pourra se faire sans des engagements précis et concrets des entreprises, et des fédérations. En effet, l’Etat est ambitieux mais il ne remplacera pas l’action des acteurs privés qui sont les mieux placés pour gérer les milliers d’euros de stocks qui dorment dans les entrepôts, pour reprendre un exemple marquant de nos débats.
 
A partir de ce constat, de cette attente, quel peut être le rôle de l’Etat ? Je crois qu’il appartient à l’Etat de prononcer le discours de la Méthode : parce qu’il est lui-même pourvoyeur d’infrastructure logistique, parce qu’il est actionnaire de grands acteurs logistiques à l’instar de SNCF ou de La Poste, et parce qu’il fixe les réglementations de toutes natures, techniques, environnementales, fiscales, sociales etc…
 
Dans le même temps, l’Etat, au travers de son administration mais plus globalement les services publics et les entreprises publiques, dont certaines jouent un rôle logistique majeur, sont appelés à contribuer à cette dynamique. Développer une nouvelle approche de la logistique dans les grandes administrations et des services publics, c’est donner une impulsion au secteur tout en participant à la maitrise de la trajectoire des finances publiques.
 
L’Allemagne l’a fait en 2010 en éditant son « Master Plan » ; la stratégie nationale « France
Logistique » intégrera quant à elle, une dimension prospective allant jusqu’en 2025.
 
La stratégie que nous souhaitons mettre en œuvre doit en effet intégrer une vision de long terme et ne pas rester dans une approche micro-économique.
 
Derrière l’organisation de la logistique, il y a un modèle de société.
 
Il ne s’agit pas uniquement de travailler aux conditions de la compétitivité de la filière logistique, mais également de penser son inscription dans le développement durable, son adaptation dans la transition numérique, notamment au regard des enjeux sociaux qui y sont attachés.
 
3. Tous ces défis nécessitent de définir la méthode à suivre, en cohérence entre tous les acteurs.
 
A travers cette stratégie nationale, l’Etat doit formuler des objectifs :
 
- en matière d’emplois, de recrutements et de formation,
- en matière de réductions des émissions de gaz à serre,
 
- en matière d’investissements logistiques, qu’il s’agisse des projets d’infrastructures stratégiques pour la chaîne logistique ou la question particulière de la modernisation des entrepôts.
 
Pour inscrire la conduite de cette stratégie dans la durée, la question de notre organisation collective et singulièrement celle des pouvoirs publics, s’impose.
 
Cette stratégie nationale devra en premier lieu s’articuler avec les stratégies régionales et métropolitaines. En effet, pour cette question de la logistique, l’échelon pertinent est celui de la région et de la métropole. La nouvelle organisation territoriale de la République issue de la loi NOTRe et de la loi MAPTAM va légitimer cette articulation territoriale.
 
Il sera d’abord impératif d’articuler les politiques publiques à tous les niveaux. Notre feuille de route ne sera pas oubliée aussitôt approuvée. Ce document sera vivant, il s’inscrira en cohérence avec les stratégies régionales. Il s'appuiera sur un organe de pilotage souple que nous aurons à déterminer.
 
Je tiens d’ailleurs à saluer les démarches territoriales comme celle mise en place par la région Bretagne ou par la région Languedoc-Roussillon pour leur caractère exemplaire et précurseur, ou encore les chartes de logistique urbaine comme celles de Paris ou de Lyon.
 
Mais je pense qu’il nous faudra aller plus loin et inscrire la logistique dans les documents de
planification à l’instar du SRADDET[[1]]url:#_ftn1 . Parallèlement, le dialogue entre l’Etat et les régions sur ce sujet de la logistique pourrait se traduire par des réunions annuelles pour recenser les projets d’investissement logistique et coordonner les politiques.
 
La période est d’ailleurs une opportunité pour que les futures grandes régions se saisissent de ce sujet stratégique et prévoient parmi les délégations de compétences aux futurs élus, un viceprésident chargé du développement économique et de la logistique.
 
Par ailleurs, il sera impératif de poursuivre le travail engagé, d’une meilleure connaissance du périmètre de la logistique et du meilleur partage des données associées entre l’ensemble des acteurs. Pour définir l’organisation adaptée à mettre en place, nous mobiliserons nos inspections générales – le CGEDD et le CGE – pour nous faire des propositions avant la fin de cette année, en prenant appui notamment sur les services statistiques du MEDDE (SOeS) et du Ministère de l’Economie (INSEE), mais aussi les différents observatoires régionaux ou sectoriels déjà en place.
 
4. Les leviers d’action
 
Au delà de cette méthode collective de gouvernance, nous aurons à peser sur différents leviers d'action. Les discussions d'aujourd'hui ont permises d’en mettre en exergue quelques-uns, que je souhaite mentionner pour terminer :
 
  1. Optimiser les infrastructures de transport
 
La performance logistique passe par une meilleure utilisation de nos équipements et infrastructures. Nous disposons encore de marges qu’il faut savoir exploiter, pour rendre nos infrastructures déjà existantes plus performantes encore, en optimisant leurs usages au service des besoins de la logistique. Le travail est d’ailleurs déjà engagé par la conférence fret ferroviaire :
 
- en réalisant des investissements ciblés et stratégiques sur les lignes capillaires fret essentielles aux entreprises et à la logistique ;
 
- en améliorant l’accès aux infrastructures ferroviaires, par la qualité des sillons ;
 
- tout en veillant à ce que les évolutions tarifaires soient strictement corrélées aux évolutions de la qualité de service offerte aux entreprises.
 
Les actions conduites pour une plus grande efficacité des terminaux de transport combiné, ou les mesures visant à faire des Grands Ports Maritimes des acteurs centraux pour l’organisation de chaines logistiques performantes, doivent être poursuivies et encouragées : elles montrent déjà des résultats.
 
Avec la massification des flux, il faudra permettre l’ouverture des données de transport de marchandises pour que les développeurs créent les services de demain, qui partiront le plus souvent du besoin du client.
 
Pour poursuivre ces efforts et engranger de nouveaux résultats, je suis heureux de vous annoncer avec le CGI, le lancement d’un nouvel appel à projets dans le cadre du Programme Investissement d’Avenir.
 
Cet appel à projets, intitulé « Logistique et intermodalité » vise à financer des projets de recherche et développement dans le domaine de la logistique et du transport de marchandises. Le Gouvernement entend ainsi renforcer l’efficacité économique des acteurs de cette filière tout en limitant les impacts environnementaux générés par ces activités. L’appel à projets favorisera l’intermodalité et le report modal, ainsi que le développement de solutions qui permettent d’optimiser les flux de marchandises au niveau des ports, gares, aéroports ou plateformes logistiques.
 
Les porteurs de projets ont jusqu’au 31 octobre 2016 pour déposer des projets qui pourront notamment porter sur :
 
La manutention et le transfert de marchandises entre les différents modes de transports ;
L’identification et la traçabilité des marchandises ;
Le développement de conteneurs de nouvelle génération ;
Les systèmes de gestion optimisée des flux logistiques ;
L’automatisation de la gestion des stocks afin d’optimiser les taux remplissage et de
limiter les retours à vide des moyens de transport.
 
  1. 2ème levier d’action : l’emploi et la formation
 
Vos contributions l’ont montré : le secteur connait également un déficit d’attractivité en termes d’emplois et de compétences. Je suis prêt à m’engager auprès de vous dans l’action de valorisation des métiers et le renforcement des formations de la logistique et supply chain, tel qu’il ressort de vos ateliers. Ce travail sera initié entre les services compétents avec les représentants des branches pour avancer sur la définition des métiers et des compétences afférentes, notamment au travers des deux référentiels nationaux sur les métiers (le « ROME ») produits par Pôle Emploi, et en matière de formation, le Formacode. J’ai également interrogé mon collègue Ministre du Travail sur les possibilités existantes en termes de renforcement de la formation professionnelle et de préparation des emplois au monde de demain. Notre responsabilité collective est de se préparer aux changements déjà engagés avec la transition numérique, les objets connectés ou encore l’automatisation de certaines fonctions. Ces éléments seront intégrés dans la Stratégie Nationale, en conservant notre préoccupation constante en matière d'organisation du travail et de conditions de travail. La conférence européenne sur le transport routier que nous avons organisée l’an dernier a fourni nombre d'illustrations des risques qui pèsent, à terme, sur un secteur mal régulé, s'agissant en particulier d'emplois de main d'œuvre voire d'emplois peu qualifiés.
 
  1. 3ème levier d’action : Harmoniser et simplifier
 
Les contributions sont unanimes : au travers de la consultation publique, dans les travaux des ateliers, une demande d’harmonisation, de simplification mais aussi de stabilisation de la réglementation s’est fortement exprimée. Le choc de simplification amorcé par le Président de la République en mars 2013 doit pouvoir trouver sa mise en oeuvre au bénéfice de la logistique. Evidemment, compte-tenu de la diversité des champs réglementaires qui touchent la logistique, ces questions dépassent nos seuls domaines de compétence. Mais je proposerai, avec mon collègue E. Macron, qu’un chantier spécifique soit engagé dans le vaste programme de simplification mené par le gouvernement, autour des enjeux particuliers de la logistique. J’ai déjà pu constater des améliorations notables pour le passage douanier dans nos ports, notamment avec la possibilité donnée aux entreprises agréées d’autoliquider leur TVA à l’importation ou encore la procédure fluvio-maritime qui décale le dédouanement au plus près de l’entreprise importatrice. Je souhaite que nous puissions poursuivre dans ce sens, notamment en élargissant à davantage d’entreprises cette mesure.
 
  1. 4ème levier d’action : préparer la logistique de demain
 
Ainsi, je souhaite que la Stratégie Nationale aboutisse à la mise en place d’un référentiel RSE commun et partagé par l’ensemble des acteurs. Il s’agit d’adapter au secteur spécifique de la logistique, les normes utilisées dans beaucoup d’autres secteurs permettant d’attester la responsabilité sociale et environnementale des acteurs. Inspirons nous des excellentes initiatives sectorielles ; je pense évidemment à l’engagement des transporteurs autour de la
« Charte CO2 », démarche d'engagement volontaire qui sera prochainement renforcée par la création d'un label pour les entreprises ayant atteint un haut niveau de performance environnementale. Et plus récemment le lancement, avec l’ADEME, de « Fret 21 – les chargeurs s’engagent ». Nous devons y travailler ensemble afin de rendre plus lisibles les multiples dispositifs aujourd’hui en place. 
 
Dans le même temps, le changement climatique nous interroge sur les différents modèles économiques en place. La loi sur la transition énergétique fixe donc des objectifs en matière d’économie circulaire. La logistique doit s’y préparer, en améliorant la logistique inverse et la gestion des déchets, et participer à la réduction de l’impact de l’économie sur notre environnement.
 
La COP 21 va être un moment majeur de cette fin d’année 2015 et les urgences climatiques vont de plus en plus rythmer la vie de notre pays et de notre planète. Chaque secteur doit s’y adapter et le prendre en compte.
 
 
5. Conclusion
 
La Conférence Nationale Logistique est un formidable exercice qui réveille nos organisations et créé une dynamique sans précédent.
 
Nous pouvons être fiers, je crois du travail réalisé dans un calendrier très contraint qui a permis de cibler les défis que la filière logistique doit réussir : anticiper les mutations, innover sans cesse et développer une responsabilité sociale et environnementale.
 
Nos travaux déboucheront sur une stratégie nationale pour la logistique qui intégrera à la fois une vision de long terme et des actions concrètes.
 
Cette stratégie sera interministérielle afin de mettre en place une politique publique cohérente, elle sera assise sur un dialogue approfondie avec les futures grandes régions et les territoires qui développeront leurs stratégies territoriales.
 
Avec le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, nous sommes les porteurs de cette ambition pour construire « France Logistique 2025 ».
 

Discours de clôture de Pascal Faure, Directeur général de la Direction Générale des Entreprises
 
Salle de conférence de la DGAC – 8 juillet 2015
 
Monsieur le ministre,
Messieurs les Parlementaires,
Mesdames, Messieurs,
 
Je m’adresse à vous avec plaisir au terme de cette 1ère Assemblée plénière de la Conférence nationale sur la logistique. J’ai l’honneur de représenter ici le ministre Emmanuel Macron, qui a été malheureusement retenu par ses travaux avec les parlementaires.
 
J’ai la conviction que la logistique est au coeur de la performance de nos entreprises. Chaque ambition a sa logistique, la négliger c’est prendre le risque d’échouer.
 
Avant de vous dire ce que je retiens des propositions qui ont émergé des travaux de cette Conférence nationale sur la logistique voulue par le législateur, je voudrais commencer par saluer le président de cette Conférence, François-Michel Lambert, député des Bouches du Rhône.
Je vous remercie d’avoir mobilisé votre énergie pour organiser cette manifestation en vous appuyant, aux côtés [de vos services, M. le ministre], sur la direction générale des entreprises, la DGE.
 
Je remercie en outre tous les acteurs, les entreprises, les fédérations, les services de l’Etat pour leur implication dans les travaux de la conférence logistique.
La logistique est un secteur majeur de notre économie, partant un secteur qui intéresse fortement la DGE. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : elle emploie environ 1,5 millions de personnes en France, représente 144 Mds€ de chiffres d’affaires et 53 Mds€ de valeur ajoutée brute. Elle est sous-tendue par des entreprises de renommée mondiale, implantées en France comme à l’étranger.
 
Depuis sa nomination, le ministre s’est exprimé à plusieurs reprises sur ce sujet porteur :
 
Déjà, en mars 2015, lors de l’assemblée plénière de la Commission nationale des services, le ministre, qui la préside, a souligné et encouragé le travail de préparation mené en vue de la Conférence logistique. C’est cet engagement des acteurs, dans la concertation, qui est à l’origine de la réussite de l’événement de ce jour.
 
De même, plus récemment, le 18 mai dernier, ce n’est pas un hasard le ministre a choisi de rendre visite au groupe Daher avant de présenter ses priorités en matière de politique industrielle : l’Industrie du futur et des neuf solutions. En effet, Daher est un fleuron de notre économie qui incarne cette double culture industrielle et des services. Daher illustre très bien ce qu’est la bonne logistique puisqu’il gagne des marchés sur des industries très exigeantes, par exemple son offre de solutions et services supply chain pour Turbomeca et pour Caterpillar.
 
La logistique pour notre pays, c’est avant tout de solides atouts, une diversité des acteurs mais aussi quelques marges d’amélioration qu’il ne faut pas occulter.
 
La France dispose de solides atouts, aux premiers rangs desquels sa situation géographique unique en Europe, ses façades maritimes, ses réseaux de communication, mis également la diversité de son tissu d’entreprises logistiques qui honorent notre place dans plusieurs analyses internationales. Pour autant, nous le constatons, c’est insuffisant.
 
La France dispose d’infrastructure de qualité : aéroports, ports, un parc d’entrepôts et de plates-formes logistiques qui avoisine les 80 millions de m².
 
Le tissu des entreprises de logistique est foisonnant. On dénombre ainsi des grandes entreprises logistiques qui offrent des solutions complètes, de bout en bout et sans couture, « seamless » comme disent les anglo-saxons. Je citerai Géodis, ID Logistics, FM Logistic, Air France, CMA-CGM et LDA, le groupe Bolloré, La Poste et bien d’autres encore ; Je citerais des petites sociétés qui innovent comme la start-up
Cubyn dont la vidéo a été projetée cet après-midi. Vous le voyez, il y a de place pour tous les talents, et ils sont nombreux.
 
Lorsque l’on examine les facteurs de réussite des entreprises industrielles et commerciales, un constat s’impose : les meilleures sont celles qui ont fait le choix d’une logistique robuste et qui ont investi dans des équipements ou des logiciels fournis par des entreprises performantes, telles que celles que je viens de citer.
 
N’oublions pas le savoir-faire de nos entreprises en traitement des flux du e-commerce, avec un volume de 400 millions de colis par an en France avec des capacités de traitement impressionnantes. La Poste, par exemple, dispose d’un savoir-faire exceptionnel dans la logistique de la distribution en zone urbaine dense.
 
Je vois tout ce qui se passe dans les grands centres aéronautiques, en PACA, en Aquitaine et Midi-Pyrénées, et également une nouvelle fois en Pays de la Loire, avec le groupe IDEA [idéha] dont les performances indiquent que la logistique est gage de réussite.
 
Regardez les performances de l’entreprise Bernard Controls : cette PMI française, dont le site chinois a été visité par le Président de la République, a montré que grâce à la maîtrise de son processus logistique, l’entreprise a renforcé sa performance et enregistré des résultats significatifs de baisse des niveaux de stocks, de meilleure qualité et taux de service et de performance avec ses fournisseurs. C’est un modèle gagnant.
 
Dès lors, il faut inciter notre jeunesse à aller vers ces métiers qui s’inscrivent dans une dynamique de réussite. Il se dit que le prochain PDG d’APPLE sera un logisticien, preuve, s’il en faut, de la potentialité de ces métiers de la logistique et des ressources de la supply chain. La promotion des métiers de la fonction logistique dans nos entreprises et nos organismes de formation est donc une évidence.
 
Pour autant, ce n’est pas assez : la France doit relever des défis structurants pour l’économie.
 
Vos travaux ont mis en lumière les défis à relever, je n’y reviens pas. Je pense qu’il y a un consensus à ce sujet : rang moyen dans les classements internationaux, une attractivité des métiers insuffisante, niveau d’activité des ports de commerce français trop moyen, des constats venant d’entrepreneurs que je rencontre qui me font part de leurs inquiétudes : ils me disent que les échanges de données électroniques ne sont pas assez fluides, pas assez intégrés, entre eux et avec les administrations, que cela freine le développement des entreprises le long de la chaîne de valeur, très proche de la chaîne de transport et de logistique correspondante ; en particulier, je fais référence aux petits opérateurs.
 
Jusqu’à présent, il n’y avait pas forcément d’appropriation collective, et je salue Gilles Savary, député, dont les amendements ont contribué à une prise de conscience collective. Sans lui et François-Michel Lambert, il y n’aurait pas d’ambition partagée entre les entreprises, les partenaires sociaux, les pouvoirs publics sur ce sujet.Pour trop de PME, l’intérêt d’une réflexion sur son modèle logistique reste trop abstrait.
 
Je vous ai dit que j’allais vous donner mon sentiment sur le sujet de la logistique :
 
La logistique est d’abord une responsabilité des entreprises.
 
Mais les pouvoirs publics peuvent les y aider, d’une part en mobilisant les leviers de l’action publique sur les thèmes des infrastructures, des équipements, des schémas directeurs d’aménagement des territoires en lien avec les collectivités locales.
 
Les pouvoirs publics doivent porter leur action au-delà de la liste des freins réglementaires, fiscaux, techniques pour améliorer les situations des entreprises, il faut le faire sans tarder.
 
Les pouvoirs publics doivent être les animateurs d’une stratégie, établie avec les entreprises réunies dans l’enceinte de la Conférence logistique : Il faut placer la France au centre des échanges logistiques internationaux, c’est un pari, il doit être tenté. Nos amis allemands l’ont déjà fait avec succès.
 
La logistique contribue à la bonne marche des affaires industrielles, dans l’aéronautique, l’automobile, la chimie, et d’autres secteurs de l’industrie. Ce constat s’applique aussi aux administrations de l’Etat : je pense notamment aux Armées qui mobilisent des troupes sur tous les continents du monde, aux structures de santé, aux structures de l’action humanitaire.
 
La logistique comporte donc une forte dimension sociétale. Une anecdote : les retards de livraisons des cadeaux de Noël aux USA commandés chez Amazon ont été ressentis comme une immense frustration collective dans un pays qui fait de la gestion logistique un facteur clé de l’efficacité.
 
En outre, l’Etat ne peut pas être indifférent aux enjeux de développement durable qui impactent l’ensemble des secteurs de l’économie. L’industrie représente 21 % de la consommation nationale d’énergie finale et est en 3e position dans le classement de la consommation d’énergie après le secteur résidentiel et le transport. La COP 21 sera le moment pour faire émerger des propositions concrètes.
 
Les pouvoirs publics ne peuvent pas rester étrangers aux évolutions liées à la transformation numérique et l’Etat doit être en mesure de favoriser l’intégration du thème de la logistique dans des dispositifs à venir.
 
Les entreprises doivent cependant se prendre en main et s’approprier ce sujet de façon plus collective. C’est l’intérêt de notre pays et de sa croissance.
 
Sur le volet de la logistique et du numérique, les entreprises doivent être vigilantes dans le domaine de l’interopérabilité, qui est une condition majeure de déploiement des usages dans cet univers aux cycles court.
 
Les entreprises doivent être orientées vers l’innovation logistique par la transformation numérique ; les territoires et des entreprises doivent s’intégrer dans la dynamique French Tech. Je vois à cet égard la venue des start-up dans le monde logistique comme un bon signal.
Pour les entreprises, la Conférence logistique devient une opportunité d'associer des territoires, des élus, des parlementaires, pour réussir ensemble.
 
Je me tourne vers les pôles de compétitivité directement concernés par le sujet logistique (en particulier Novalog et i-Trans) et je les invite à réfléchir et concevoir une offre de service cohérente et efficace pour accompagner les entreprises industrielles et commerciales adhérentes des pôles (et clusters) de France, afin de les accompagner pas à pas sur le chemin de la maturité logistique par le numérique.
 
Sur un sujet aussi complexe qui interagit avec autant de domaines, d’intérêts, il est nécessaire de se focaliser sur quelques axes de travail.
 
J’en citerai trois pour conclure mon propos :
 
1er axe de travail : Faire entrer l’agilité logistique comme un axe majeur des ambitions du Plan Industrie du futur. La logistique doit être retenue parmi les volets du plan d'accompagnement des entreprises qui seront prochainement suivies dans le cadre du plan Industrie du futur. Le ministre en attend des impacts mesurables et quantifiables au sein des neuf solutions industrielles, celles qui répondent à des marchés prioritaires et dans lesquelles la logistique trouve sa place : la ville durable, la mobilité écologique, les transports de demain, les objets intelligents.
 
2ème axe structurant : il faut placer la France au centre des échanges logistiques internationaux d’ici 2025. Notre objectif commun, pouvoirs publics et entreprises, est de positionner la France dans le groupe des meilleurs pays en termes de logistique. Pour cela, il faudra simplifier des procédures, clarifier, rendre accessible ce qui ne l’est pas ; à nous d’identifier les mesures de simplification à mettre en oeuvre dans ce domaine. Pour cela, il faudra bâtir une stratégie globale et ambitieuse.
 
Les pouvoirs publics sont naturellement prêts à y travailler et il faudra également que les entreprises fassent leur part du travail : elles doivent se mobiliser, gagner en maturité logistique pour gagner des marchés à l’international, l’exemple du Groupe Bolloré dans le Golfe de Guinée l’illustre bien. Elles doivent aussi intégrer les potentiels de croissance offerts par les dimensions du développement durable et du numérique. Le travail est immense, je sais que vous partagez cette ambition et acceptez cette responsabilité.
 
3ème axe structurant : Désormais, la méthode de travail retenue au sein de la Conférence logistique doit reposer sur celle mise en œuvre au sein des Comités stratégiques de filières : c’est-à-dire réunir les entreprises, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux. Cette Conférence logistique doit être l’enceinte d’un dialogue régulier avec tous les acteurs de la logistique. Ce travail a bien débuté, il doit se poursuivre.
 
Voilà, je crois, un beau programme de travail. Je serais heureux d’être au rendez-vous dans quelques mois pour mesurer le chemin parcouru. Je sais compter sur l’implication de tous dans cette entreprise collective. Je vous remercie

Mercredi 8 Juillet 2015



François-Michel Lambert

Député des Bouches du Rhône (Allauch, Auriol, Belcodène, Bouc-Bel-Air, Cadolive, Gardanne, Gréasque, La Bouilladisse, La Destrousse, Meyreuil, Mimet, Peypin, Plan-de-Cuques, Roquevaire, Saint-Savournin, Simiane-Collongue)

Vice-président de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire de l'Assemblée nationale

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