François-Michel Lambert, Député écologiste des Bouches du Rhône #circo1310


Débat avec Gilbert Collard, Julien Aubert et Avy Assouli devant les journalistes marseillais, organisé par le Cercle des Médias et de la Communication Marseille Méditerranée


Cet article reprend deux autres articles parus la presse au lendemain du débat qui réunissait quatre "primodéputés" PACA de partis politiques différents et avait pour thèmes:
- Impressions personnelles des députés après un an pratiquement de mandature
- Sujets d'actualité et questions du public


Débat avec Gilbert Collard, Julien Aubert et Avy Assouli devant les journalistes marseillais, organisé par le Cercle des Médias et de la Communication Marseille Méditerranée

L’affaire Cahuzac vue par quatre "nouveaux" députés du Sud

Cet article de Elise Pecoraro est paru le 5 avril dernier dans M Lactu

Avi Assouly, Gilbert Collard, Julien Aubert et François-Michel Lambert. Déjà un an qu’ils occupent les bancs de l’Assemblée Nationale. Ils sont venus en parler devant les journalistes du Cercle des Médias et de la Communication. A la cité des métiers, ils ont débattu sur les municipales 2014 et l'affaire Cahuzac. Les quatre députés ne manquent pas de réagir sur le ministre fraudeur.

Avi Assouly (PS)
« Cette affaire retombe sur tout le monde. Elle bafoue le peuple. Je suis pour une loi qui empêcherait les politiques déjà condamnés d’être réélus. Cahuzac aurait dû démissionner au lendemain du reportage publié dans Mediapart. Giscard d’Estaing en recevant les diamants de Bokassa, il aurait dû démissionner. La gauche va mettre fin au cumul des mandats. Mais si quelqu’un est malhonnête, qu’il soit médecin, avocat, ou je ne sais pas, il le cachera. Comment pouvons-nous faire ? »

Gilbert Collard (RBM)
« Quand Cahuzac est venu à la tribune pour s’expliquer, je le regardais de mon observatoire, là-haut, à droite. Et j’ai dit au voisin : regardez Cahuzac comme il est mal. Mais, je n’ai pas envie de tirer sur un homme à terre. Si l’on regarde bien, il y a des escrocs et des voyous partout. J’attends des élus PS qu’ils arrêtent de donner des leçons de morale. C’est insupportable. C’est vrai pour tout le monde. Ce qui se passe est très grave. Parce que vous détériorez le socle républicain. Ça nous menace tous, parce qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait. Avec tous ces éléments qui échappent au gouvernement. Il faudrait très très vite changer ce gouvernement. Et au pire, le dissoudre. Ce gouvernement n’a plus de gouvernail. Il va tout seul. »

Julien Aubert (UMP)
« Tout ça reflète une crise morale. Cahuzac est un énième rebondissement. Je suis désolé, je vais prendre l’affaire DSK, ça ne rehausse pas l’éclat de la République. Tous ces incidents érodent la conscience du citoyen. Et l’erreur c’est de penser. J’entends des gens dire qu’il faut faire de la transparence, on va publier le patrimoine des élus. La transparence, c’est une dictature. Vous avez des secrets. Les élus en ont aussi et ils n’ont pas envie que tout soit mis sur la place publique. Une société où tout le monde surveille tout le monde, ça s’appelle Big Brother. Et cette société là, je n’en veux pas. »

François-Michel Lambert (EELV)
« On est atterré qu’un homme ait avoué. Où va le monde ? On est atterré qu’un homme ait avoué ? Ce qui me catastrophe, c’est que cent hommes n’aient pas avoué. Ce que je juge c’est qu’on manque de renouvellement politique. Il faut arrêter le cumul des mandats. Parce qu’on est entre soi. Et entre soi on s’autorise tout. Qu’on provoque un appel d’air. Que Guérini trouve une majorité pour faire payer ses frais juridiques, là les bras m’en tombe. Mais pas le fait que Cahuzac avoue.»

Débat avec Gilbert Collard, Julien Aubert et Avy Assouli devant les journalistes marseillais, organisé par le Cercle des Médias et de la Communication Marseille Méditerranée

Le CMC donne la parole à quatre députés “novices”

Ce deuxième article est paru sur le site Web du CMC le 7 avril dernier.

Il est des moments privilégiés dans la vie et le débat politique organisé le 4 avril par le Cercle des Médias et de la Communication restera comme l’un de ces instants d’exception, tant par la qualité des débatteurs, de leurs argumentations dénuées de toute approche politicienne, de leur force de conviction, que par l’état d’esprit ayant présidé à cette rencontre.

Le seul regret sera la faible assistance, constat d’autant plus étonnant que ce débat survenait en pleine affaire Cahuzac et cette seule actualité chaude aurait dû susciter l’intérêt, à commencer par celui des médias marseillais.

Le CMC avait donc réuni quatre députés “novices”, puisque élus pour la première fois lors des élections législatives de 2012 : Avi Assouly (PS), Julien Aubert (UMP), Gilbert Collard (RBM) et François-Michel Lambert (EELV). ll s’agissait qu’ils livrent leurs premières impressions après presque un an de mandature.

Souvenir, souvenir
Interrogés par Eric Bernaudeau (AFP) et Laurent Gauriat (France Info) sur le fait qui a marqué leur année parlementaire, Gilbert Collard a d’abord évoqué son émotion. “Je me suis rappelé que c’est de cette tribune que se sont exprimés Jean Jaurès, Aristide Briand, Edgar Faure ou François Mitterrand. J’ai alors mesuré tout l’honneur historique de pouvoir nous exprimer à cet endroit. C’est dans cet hémicycle que l’Histoire de la France s’est faite et on se doit d’être à la hauteur”.

Avi Assouly a retenu de son entrée au palais Bourbon tout “le cérémonial qui entoure l’entrée du président de l’Assemblée, avec les roulements de tambour, le tapis rouge”.  “J’ai alors saisi que nous aussi on entrait dans l’histoire, petitement bien sûr, mais j’en ai eu presque les larmes aux yeux”.

Julien Aubert n’a pas eu le même ressenti car cet énarque avait déjà travaillé comme stagiaire à l’Assemblée. En revanche, il garde en mémoire “le vote sur l’élargissement de la carte de combattant aux militaires français ayant participé à la guerre d’Algérie. Pour la première fois je me suis dit j’ai fait quelque chose, preuve que ça vaut le coup d’être député”.

François-Michel Lambert a confié ”l’émotion qui (l)’a envahi et qu’(il a) encore” quand il a été élu dans les Bouches-du-Rhône. “Donner un député écolo dans une région où notre parti n’en comptait pas, ni aucun sénateur, c’était lui offrir l’occasion de démontrer que notre projet politique peut apporter des solutions à des enjeux majeurs”. Il retient aussi l’instant où lui a été attribuée sa place dans l’hémicycle : la 290, où une plaque rappelle qu’elle fut celle de Frédéric Chevillon, député de Marseille mort au front en février 1915.

Séances de travail
Les quatre députés, interpellés sur l’attitude des élus dans l’hémicycle, ont estimé que “les Français se se rendent pas compte du boulot” accompli par leurs représentants. Et si parfois ils lisent un journal, textotent ou bavardent entre eux c’est que “les séances ne sont pas toujours passionnantes”.

“On voudrait que les députés soient des élèves bien sages qui attendraient que la maîtresse leur dise de se lever, mais nous sommes des êtres humains comme les autres”, a déclaré le député EELV, approuvé par Avi Assouly.

Et Gilbert Collard d’ajouter : “On est obligé de suivre en permanence l’actualité à travers le fil de l’AFP pour réagir dès qu’à la sortie on nous tend un micro”. Pour son collègue UMP, “il faut arrêter de vouloir que les députés soient des saints, en habit de moine et pas payés” et il met au défi quiconque de rester “caler sans bouger dans son siège pendant dix heures à écouter discuter d’un texte”.

De plus, il considère que “les députés seraient plus assidus si on rendait le poids des partis moins pesant en donnant la liberté de vote, car une loi peut être bonne même si elle est présentée par un autre parti que le sien”.

Julien Aubert enfonce le clou en considérant qu’”avant d’être UMP, PS ou autres, nous avons un prénom, un nom et on ne se réduit pas à un numéro dans un parti”. Aussi, il estime logique d’”entretenir une certaine convivialité, voire une familiarité avec un type avec qui vous passez quinze heures sur un banc, car vous ne pouvez pas toujours fonctionner en conflit et on ne peux pas être en guerre civile permanente”.

En écho, François-Michel Lambert a aussi revendiqué le droit à la différence : “Je suis entré dans mon groupe pour faire entendre ma voix dissonante” et “mon seul engagement est de ne pas trahir la volonté générale de mes électeurs, les seuls qui auront le droit de me juger à la fin de mandat”.

Avi Assouly a précisé pour sa part avoir prévenu son groupe qu’en cas de projet de loi sur la PMA il ne voterait pas, concédant “avoir approuvé le mariage pour tous avec réticence, seulement par discipline de vote”.

Le rôle des journalistes
François-Michel Lambert a regretté que les journalistes “tendent le micro vers Noël Mamère, qui a très souvent des positions décalées par rapport au groupe” quand lui-même reste ignoré des médias. “Y compris par La Provence qui, en neuf mois, ne m’a jamais interviewé et qui a même écrit que j’étais contre le projet de métropole alors que j’y suis favorable”.

Et pourtant, a-t-il noté, il est à l’initiative de la création de l’Institut de l’Economie Circulaire.

“Il y a une certaine injustice médiatique”, a admis Gilbert Collard, remarquant que “les journalistes vont vers les figures connues”.

L’affaire Cahuzac
“Les bras m’en sont tombés comme tout le monde”, a avoué l’élu PS en apprenant les aveux de Jérôme Cahuzac. “Il était venu nous jurer son innocence dans l’hémicycle et j’étais alors content de savoir que la vérité allait triompher. Pour moi il était blanchi et on l’avait applaudi à la fin de son discours”. Et d’estimer que “maintenant il faut tout mettre à plat, aller jusqu’au bout” pour tout connaître de cette affaire.

Gilbert Collard, en revanche, n’a pas été surpris car lors de l’intervention du ministre Cahuzac, “j’avais vu qu’il était mal et l’avais dit à mon voisin”. Pour autant, il se refuse “à tirer sur un homme à terre”, observant en outre qu”’il y a des brigands, des salauds partout”. Aussi il se refuse à tomber dans “la théorie de la contagion” car “un Cahuzac ne fait pas le PS”.
En revanche il estime que ce parti “doit cesser d’être le professeur de morale éternelle” et déplore que cette affaire “détériore le socle républicain” car “personne n’a intérêt à voir la République malmenée”.
Julien Aubert rappelle tout d’abord que demander la dissolution de l’Assemblée n’est pas cohérent puisque “juridiquement impossible à moins d’un an d’une élection”. De même, à Avi Assouly qui évoquait la liberté de la justice dans ce dossier, il a objecté que “c’est surtout Médiapart qui a fait le travail d’investigation”.
En outre, il a noté que “la première faute, et pour moi la plus grave, ce n’est pas le mensonge mais la fraude fiscale”. Il voit aussi dans cette affaire “une crise morale qui érode la confiance des citoyens”, tout en refusant de généraliser et de dire qu’il y aurait “une droite pure et une gauche mauvaise”.

Pour sa part François-Michel Lambert s’est dit consterné par le fait qu’on s’étonne du mensonge d’un élu. “On est atterré qu’un homme ait avoué, mais moi je suis atterré que des centaines n’aient pas avoué”. Pour autant il refuse l’idée de “mains propres et tête haute qui est le fond de commerce du FN”. Selon lui, la fin du cumul des mandats permettrait de faire évoluer les choses car avec le système actuel “il est impossible de faire sortir de nouvelles personnalités et entre eux les gens en place s’autorisent tout”.

Il a ainsi dénoncé le fait que Jean-Noël Guérini ait “trouvé une majorité pour voter une délibération qui fait prendre en charge financièrement sa défense et celle de Ciot sur les deniers publics.
Gilbert Collard s’est dit tout aussi favorable au non cumul car “la politique doit continuer à être un combat d’idée et non devenir un job pour faire du blé”.
Pour Julien Aubert, cette affaire n’est pas finie et il regrette que le Premier ministre n’ait pas démissionné, à l’exemple du président de la Société Générale, Daniel Bouton qui avait abandonné ses fonctions dès le début de l’affaire Kerviel, “non parce qu’il était coupable, mais de par sa responsabilité au sein de la banque”.

Le député UMP estime que l’enquête des journalistes “va se concentrer sur Moscovici qui finira par sauter, puis selon le principe des dominos ce sera Ayrault. Ca va s’amplifer jusqu’à ce que la pression déborde”, a-t-il pronostiqué.

Mardi 9 Avril 2013



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François-Michel Lambert

Député des Bouches du Rhône (Allauch, Auriol, Belcodène, Bouc-Bel-Air, Cadolive, Gardanne, Gréasque, La Bouilladisse, La Destrousse, Meyreuil, Mimet, Peypin, Plan-de-Cuques, Roquevaire, Saint-Savournin, Simiane-Collongue)

Ancien Vice-président de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire de l'Assemblée nationale

"Le député du Jour" sur LCP



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