François-Michel Lambert, Député écologiste des Bouches du Rhône #circo1310


François-Michel Lambert : "Le gouvernement doit aller plus loin, pas plus vite"

Le député de la 10e lance un institut de l'économie circulaire et veut une conférence sur la métropole


Quatre mois après son élection dans la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône, le député Europe écologie-Les Verts revient sur sa nouvelle vie de parlementaire, en tant que vice-président de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire mais aussi rapporteur de la mission biomasse, et sur les dossiers du territoire, qu'il a saisi à bras-le-corps...


François-Michel Lambert : "Le gouvernement doit aller plus loin, pas plus vite"
Comment avez-vous vécu les lendemains de l'élection ?
C'était un tourbillon ! Le dimanche vous êtes encore candidat et le mardi vous êtes face aux médias. Avec le recul, je dirais que c'était un moment personnel très fort. Et puis ensuite on réalise la possibilité de s'engager dans de nombreux dossiers. Enfin, je me suis rendu compte à quel point l'Assemblée nationale était une structure dynamique, capable de remettre en question les règles établies, comme celle de la réserve parlementaire, désormais totalement transparente, ou encore le protocole, qui a été assoupli.
Quel est le montant de votre réserve parlementaire ?
D'abord je voudrais dire que je suis toujours opposé à ce dispositif, qui à mes yeux n'a aucun sens. Le député est là avant tout pour légiférer, son action ne doit pas passer par un chéquier. La réserve parlementaire, telle qu'elle existe aujourd'hui, doit être utilisée en priorité en direction des collectivités. Certaines sont déjà venues vers moi, en me demandant, par exemple, de contribuer financièrement à l'élargissement d'une route ! Autant dire qu'à mes yeux, cela n'était pas une priorité alors que l'informatisation du service de l'état civil, pour cette même commune, me semblait un projet plus pertinent. Ailleurs, nous allons aider à l'isolation thermique des bâtiments municipaux, ce qui réduira la facture énergétique. Sur un plan national, je soutiens aussi l'association des collectivités sans OGM, qui à terme compte en fédérer 3 000, et je préside le groupe d'amitié France-Birmanie. Le montant de ma réserve est de 130 000 €.
Vous avez soutenu François Hollande très tôt durant votre campagne. Est-ce que vous pensez que le gouvernement ne va pas assez vite ?
Aller plus vite ce n'est pas possible, mais ce que nous demandons, nous élus d'EELV, au gouvernement c'est d'aller plus loin ; le gouvernement ne va pas assez en profondeur. Il est timoré face aux poussées de la droite et de certains lobbies, comme celui des fameux "pigeons". Mais les patrons que je croise, sur le terrain, ne tiennent pas du tout ce discours, ils veulent de la stabilité et du soutien à l'innovation. Sur la réforme de la fiscalité écologique par exemple, on aurait pu aller plus loin, même le lobby pétrolier était d'accord. Concernant l'énergie, on est encore sur des schémas de grands champs éoliens alors que la solution passe par de petits projets adaptés aux territoires qui les portent. Ainsi en tant que rapporteur de la mission biomasse, je soulignerai, dans mon rapport, l'intérêt du projet de réseau de chaleur sous le tramway d'Aubagne, auquel j'applaudis des deux mains, par rapport à celui trop centralisateur, de la centrale de Gardanne. Le gouvernement devra faire des arbitrages, entre les deux.
Vous rencontrez tout à l'heure (hier, Ndlr) Marylise Lebranchu en préfecture, que comptez-vous lui dire concernant la métropole ?
Aujourd'hui sur ce dossier il y a deux camps retranchés ; on me demande de me mettre dans l'un ou dans l'autre. Dans ce débat, on ne prend que les avis des élus, à part l'UPE 13 qui a voulu entrer dans le débat, les autres acteurs on ne les entend pas. Pourquoi ne pas évoquer la notion de métapôle, autrement dit le bassin de vie au sein duquel les gens se déplacent durant la journée pour rallier leur domicile à leur lieu de travail ? Des urbanistes et des sociologues ont travaillé sur cette question. Ma première question, le 11 septembre, au gouvernement, a été sur la mise en place d'une conférence de la métropole sur le modèle de la conférence sociale et environnementale avec des tables rondes rassemblant élus locaux et nationaux, services de l'Etat, représentants du gouvernement... Après les échanges, on fait un bilan et on sort de la guerre de tranchées dans laquelle on s'est installé. À ce sujet il y a une chose que je voudrais dire ; certains prennent des postures par rapport aux élections municipales de 2014 et sont prêts à jouer contre le collectif. En plus, un territoire comme le grand Marseille pourrait être celui de la mise en oeuvre d'une transition écologique ; Marseille qui était un port de réception des marchandises venues des colonies doit désormais compter sur ses ressources propres. Je lancerai d'ailleurs début décembre l'institut de l'économie circulaire, avec des parlementaires, des grandes entreprises, des ONG dont le but sera de faire pression pour changer le cadre législatif : aujourd'hui cela coûte moins cher d'enfouir des déchets ou de les exporter que de les retravailler. Ce sera la marque de mon mandat, et cette vision de l'économie s'inscrit parfaitement sur notre territoire, où de nombreuses entreprises sont en difficulté.
Comment s'organise votre vie d'élu ?
Je suis trois jours par semaine à l'assemblée, je me suis entouré de quatre collaborateurs complémentaires, qui connaissent bien la circonscription, et partagent avec moi "un certain feeling". J'ai toujours ma permanence à Gardanne et d'ici la fin de l'année je tiendrai des permanences régulières dans chaque mairie. Je suis toujours conseiller municipal mais résolument contre le cumul des mandats. Un député n'a pas besoin d'être maire, pour être ancré localement ; lorsque je passe au café à Gardanne, où je rencontre les habitants, je pense être autant en contact avec les réalités locales, qu'un maire. Je crois au contraire que ne pas être maire, cela évite de se focaliser sur une seule commune, lorsque la circonscription en compte seize...

Marie-Cécile Berenger
La Provence - Aubagne - 30/10/12


Mardi 30 Octobre 2012



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François-Michel Lambert

Député des Bouches du Rhône (Allauch, Auriol, Belcodène, Bouc-Bel-Air, Cadolive, Gardanne, Gréasque, La Bouilladisse, La Destrousse, Meyreuil, Mimet, Peypin, Plan-de-Cuques, Roquevaire, Saint-Savournin, Simiane-Collongue)

Vice-président de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire de l'Assemblée nationale

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