François-Michel Lambert, Député écologiste des Bouches du Rhône #circo1310


Interview de François-Michel Lambert dans La Provence à l'occasion du lancement de l'Institut de l'Economie Circulaire



Interview de François-Michel Lambert dans La Provence à l'occasion du lancement de l'Institut de l'Economie Circulaire
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme." C'est le principe - énoncé par Lavoisier en son temps, qui le tenait lui-même des Grecs - de l'économie circulaire. Il y a quelques jours, François-Michel Lambert, député (Europe écologie-Les Verts) de la 10e circonscription, a lancé l'Institut de l'économie circulaire, devant près de 300 personnes dans les salons de l'Assemblée nationale. L'initiateur et président de cette structure associative loi 1901 de 70 membres explique ce qu'est l'économie circulaire et à quoi va servir l'Institut qui a pris racine dans le territoire de Gardanne.

-Qu'est-ce qu'une économie circulaire ?

François-Michel Lambert : "C'est le contraire d'une économie linéaire, notre modèle actuel, hérité de l'empire colonial que nous étions. On prélève nos ressources et nos matières premières sur les autres continents, on les amène, on les transforme, on les consomme, on les jette. L'économie circulaire n'empêche pas le prélèvement mais au lieu de jeter, on considère que ce sont de nouvelles matières premières. Comme les bouteilles en verre que l'on peut indéfiniment réutiliser. C'est la capacité à faire disparaître le jeter."

-Quels en sont les principes ?

F.M.L. : "On appelle ça faire du biomimétisme, faire comme la nature fait. Un des axes, c'est de ne plus voir le produit, mais le service qu'il apporte. C'est l'économie de la fonctionnalité. Par exemple, dans une entreprise, on n'achète plus de photocopieurs, mais le service avec garantie d'un appareil toujours en marche et plus performant.
C'est aussi sur les produits de l'écodesign qui s'inspirent de la nature ou de l'écoconception où, aujourd'hui, quand on crée une voiture, 95 % est démontable, séparable, pour que chaque composant puisse retourner dans la filière et être réutilisé.
Il y a aussi les déchets des uns qui deviennent les matières premières des autres. Il y a un film d'animation réalisé par la Fondation Ellen MacArthur, complètement orientée sur l'économie circulaire, qui l'explique de manière simple. C'est l'un des grands enjeux, faire comprendre au grand public."

-D'où vient l'idée de fédérer autour de l'économie circulaire ?

F.M.L. : "L'idée est venue de mon ancrage ici, de mon histoire. Ça fait longtemps que j'y travaille, depuis plus de vingt ans. J'ai commencé chez Pernod Ricard sur les emballages. Après dans mon rôle de conseil auprès des collectivités, j'ai travaillé à ce que des entreprises se connectent pour que les déchets de l'une soient les ressources de l'autre, surtout autour de la calorie et de la frigorie. Ça crée des modèles robustes pour le développement d'un territoire qui sont là pour tenir trente ou cinquante ans."

Pourquoi avoir créé l'Institut et quel va être son rôle ?

F.M.L. : "L'initiative a d'abord été de regarder ce qui se faisait, mais rien ne se faisait vraiment. Au début, on le voulait modeste et régional, mais le vide, l'absence de structure, a fait qu'en deux mois et demi, on se retrouve à fédérer tous les acteurs. On a 70 membres, des fondateurs qui investissent, des acteurs extérieurs qui veulent rentrer au plus vite, des collectivités, des ministères, des politiques de tout bord, une marraine, la réalisatrice Coline Serreau.

J'ai rencontré le président du Conseil économique et environnemental (Cese), Jean-Paul Delevoye qui va être partie prenante. Il y a aussi des grandes entreprises, parmi les fondateurs et des associations comme la Fondation Nicolas Hulot. C'était inscrit dans le pacte de 2007 et dans le Grenelle de l'environnement, l'économie circulaire, c'est pas quelque chose qui sort de nulle part !
L'Institut a pour but de la promouvoir et de l'expérimenter, en s'inspirant de ce qui se fait ailleurs, comme au Danemark.Aujourd'hui, les lois sont très contraignantes pour changer de modèle économique. Elles font en sorte que c'est plus facile de jeter. Le but, c'est de produire une loi d'ici à la fin de la mandature."

-Y a-t-il des applications au plan local ?

F.M.L. : "Je suis élu du territoire de Gardanne qui a vu la fermeture de la mine il y a juste dix ans. Il accueille aussi la plus vieille usine d'alumine au monde, qui a bientôt 120 ans, une référence qui est dans ce modèle linéaire : elle fait venir la bauxite de Guinée, la transforme ici et a un pipeline pour rejeter les déchets (boues rouges) à la mer.
Dans deux ans, ce ne sera plus possible et ils sont en train d'évoluer sur la bauxaline qui permet de réutiliser ces boues rouges, séchées, pour du remblai de décharge, du soubassement de routes et même dans la dépollution des sols. Dès que j'ai été élu, la première chose que j'ai faite, c'est de m'occuper de l'usine ex-Pechiney, Alteo aujourd'hui.
Alteo, qui s'est pris en main pour sortir de ce modèle, est membre de l'Institut de l'économie circulaire. "Désormais, on se souviendra que Gardanne, c'est le lieu où est né ce nouveau modèle économique. C'est notre territoire, notre fierté locale, qui font que ça a émergé."

Bande son et photos du lancement de l'Institut de l'Economie Circulaire le 6 février dernier à l'Assemblée nationale

06_02_2013_institut_de_l__economie_circulaire.mp3 06.02.2013 Audio lancement Institut de l'économie circulaire.MP3  (134.91 Mo)



Dimanche 17 Février 2013



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François-Michel Lambert

Député des Bouches du Rhône (Allauch, Auriol, Belcodène, Bouc-Bel-Air, Cadolive, Gardanne, Gréasque, La Bouilladisse, La Destrousse, Meyreuil, Mimet, Peypin, Plan-de-Cuques, Roquevaire, Saint-Savournin, Simiane-Collongue)

Vice-président de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire de l'Assemblée nationale

"Le député du Jour" sur LCP



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