François-Michel Lambert, Député écologiste des Bouches du Rhône #circo1310


Interview de François-Michel Lambert pour 86400-NOW



Échanges collaboratifs, monnaies complémentaires, comment accélérer l’économie de demain ?
 
François-Michel Lambert est Président-fondateur de l’Institut de l’économie circulaire : il souhaite initier un changement profond de notre modèle économique. Parmi ses solutions, sortir les entreprises et acteurs des territoires de leurs milieux respectifs pour qu’elles se rencontrent et réfléchissent ensemble. Il est député écologiste de la dixième circonscription des Bouches-du-Rhône.
 
Qu’est-ce-qui vous a donné envie de participer à l’aventure 86400-now ?
L’économie circulaire, porté par l’Institut que je préside, est une démarche qui consiste à mieux utiliser les ressources employées pour réduire au maximum le gaspillage. Par exemple, le bois issu des palettes est un déchet pour certaines entreprises quand il devient une ressource pour d’autres. Si un produit n’est pas à son optimum d’usage, nous aidons à ce que les entreprises, qui souvent peuvent être voisines sans n’avoir jamais été en contact, se rencontrent. Notre travail est de réunir des hommes, dans leurs différences, qui ne sont pas du même monde, autour d’une politique écologique à adopter. Au sein d’un même territoire, les besoins et les réponses à ces besoins ne sont pas les mêmes. Or, des hommes différents qui se rencontrent et partagent accélèrent le processus et les solutions. Le rendez-vous du 9 mars est justement une rencontre. Nous repartirons plus riches, avec des ressources et des possibilités plus grandes.
 
Sur quels sujets travaillez-vous au sein de l’Institut de l’économie circulaire ?
Tout d’abord les travaux territoriaux, ce sont par exemple des zones d’activités économiques pour que les entreprises puissent discuter entre elles sur la question du gaspillage et sur la politique des déchets. Nous organisons ainsi des ateliers : par exemple avec le système agricole, nous réunissons des professionnels, de syndicats, des membres de ministères pour trouver les solutions adéquates, d’innovations, de règlementations, voire de fiscalité.
Notre deuxième volet concerne l’étude des changements de comportement en lien avec la révolution numérique et l’économie circulaire. Les sites internet de mise en relation telles que « Le bon coin », « Blablacar » ou encore « Airbnb » modifient nos comportements autour de la question de la collaboration, de l’échange et du partage. La force d’un Airbnb est d’utiliser le temps non-utilisé d’une chambre, d’un appartement. Les résultats de notre étude seront connus fin 2017.
Nous travaillons sur les monnaies complémentaires. Il s’agit des monnaies locales comme La Violette à Toulouse ou celles portant une dimension sociale comme le Coopek agissant dans le domaine coopératif. Davantage que de se rencontrer autour de la matière, c’est bien d’éthique et de valeurs partagées dont il est question. A travers l’usage de ces monnaies, un échange de valeurs communes est à l’œuvre.
Enfin sur la question du revenus universel et de l’économie de la fonctionnalité : de nouveaux comportements, de partage plus que d’acquisition peuvent émerger si on garantit un revenu inaliénable.
 
Quel message souhaitez-vous faire passer jeudi 9 mars ?
L’importance d’unir les énergies par les rencontres humaines et par les différences, de prendre en compte les limites des ressources planétaires pour trouver des réponses positives et bienveillantes qui auraient un impact réduit sur notre planète.
 
Avez-vous la sensation que votre démarche va à contre-courant ?
Pas du tout. Depuis quatre ou cinq ans, j’observe un véritable changement au sein de la société, qu’il s’agisse des entreprises, des territoires … Je milite depuis vingt-cinq ans et j’aurais aimé voir ce mouvement à mes débuts. En Grèce, au Maroc, de grandes dynamiques sont à l’œuvre. Ma seule critique vise les politiques nationales qui ne suivent pas. Or, dans un système démocratique, le citoyen ne peut faire sans le politique. Et force est de constater qu’ils ne sont pas au rendez-vous.
 
Pour quelles raisons selon vous les politiques n’épousent pas cette vague de changement ?
Il faut du temps. Lorsqu’on est élu à un niveau de responsabilité élevé, on ne se donne pas le temps car on est sans cesse dans l’immédiateté. Pendant toutes les secondes d’une année, on ne peut pas passer la totalité de son temps à répondre sans cesse aux sollicitations multiples, aux médias et à être sur BFM TV. Il faut prendre du temps pour voir, sentir, observer la société. Je demeure optimiste car énormément d’actions sont mises en place par les citoyens.
 
Est-ce que vos préconisations peuvent s’adapter aux entreprises dont l’objectif est d’abord la rentabilité ?
Les entreprises du CAC 40 foncent vers l’économie circulaire. Elles savent que le système actuel produit du gaspillage. D’un autre côté, les startups voient certaines opportunités à saisir car le gaspillage ne se trouve pas que le déchet en lui-même mais dans tout le cycle de la matière de l’extraction au déchet, en passant par la production et surtout dans la période d’usage. Seul ce modèle soutenable tiendra sur la durée. Les modèles de gaspillage tomberont quand la réalité des limitations fera jour.
 
Une qualité de savoir-être importante à vos yeux ?
De croire en l’autre. Toutes les personnes que je croise, d’où qu’elles viennent, où qu’elles soient, je crois en elles. Il y a des années, mon grand-père me montrait les grains de blé qu’il s’apprêtait à semer, il était impossible de savoir lequel allait produire, germer et révéler son plein potentiel. C’est la beauté du vivant !
 
Une valeur cardinale ?
Le respect. Si on ne respecte pas quelqu’un, quelque chose, on ne croit pas en lui, on le gaspille.
 
Une citation qui vous a marquée ?
« On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter » Emmanuel Kant
 
Michel François Lambert participe à 86400-NOW le 9 mars 2017.


Jeudi 9 Mars 2017



François-Michel Lambert

Député des Bouches du Rhône (Allauch, Auriol, Belcodène, Bouc-Bel-Air, Cadolive, Gardanne, Gréasque, La Bouilladisse, La Destrousse, Meyreuil, Mimet, Peypin, Plan-de-Cuques, Roquevaire, Saint-Savournin, Simiane-Collongue)

Vice-président de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire de l'Assemblée nationale

"Le député du Jour" sur LCP



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