François-Michel Lambert, Député écologiste des Bouches du Rhône #circo1310


"J'ai un doute sur l'ambition écologique du gouvernement"


Interview de Serge Orru, ancien Directeur général de WWF France qui réagit à la baisse annoncée de 7% du budget du ministère de l'Ecologie. C'est interview est parue dans le Nouvel Observateur du 2 juillet dernier.


"J'ai un doute sur l'ambition écologique du gouvernement"
Serge Orru, ancien Directeur général de WWF, est membre de l'Institut de l'économie circulaire, créé par le député EELV François-Michel Lambert, qui promeut une "société du durable et non du jetable" et qui réclame une loi cadre, récemment évoquée par la ministre de l'Ecologie Delphine Batho elle-même.

La baisse annoncée de 7% du budget du ministère de l'Ecologie conduit à un "mauvais budget" pour la ministre Delphine Batho. Et pour vous ?

- La France est dans une situation difficile, tout le monde doit faire des efforts, y compris le ministère de l'Ecologie. Mais pourquoi n'investit-on pas davantage dans les filières d'avenir ? En Allemagne, des centaines de milliers d'emplois ont été créés dans la transition énergétique. Un foyer qui doit faire des économies va-t-il rogner sur l'éducation de ses enfants, qui devront exercer un métier demain ? Là est l'enjeu : les emplois sont désormais liés à la raréfaction des matières premières et à la révolution numérique. Une véritable métamorphose verte dans notre pays est nécessaire.

Ce n'est pas vraiment le message envoyé par le gouvernement...

- J'ai effectivement un doute sur l'ambition écologique gouvernementale. Il est vital qu'elle soit à la hauteur des défis du XXIe siècle. Même à l'échelon européen, la question se pose. Car on ne pourra pas tout faire tout seul, et chacun est frileux. Tout le monde s'attend à devenir comme la Grèce ? C'est ce qui pourrait finir par nous arriver !

Le précédent gouvernement ne se montrait-il pas plus ambitieux, avec le Grenelle de l'environnement notamment ?

- C'est avant tout le front uni des ONG, et un contexte de prise de conscience du dérèglement climatique qui ont permis au Grenelle d'exister. Le gouvernement Sarkozy a engagé ce travail, et permis la confrontation des idées. On a fait bouger les lignes. Mais ensuite Nicolas Sarkozy a compris qu'il ne tirerait aucun intérêt électoral dans cette action, donc le Grenelle n'a pas été amorti. C'est une sorte de super-processus inachevé qu'il faut reprendre.

Vous appelez donc de vos voeux un nouveau front uni des ONG ?

- Ce que je préférerais, c'est un front uni gouvernemental ! L'écologie, totalement transversale, ne peut pas être dans les mains d'un seul ministère.

L'alliance EELV - PS reste-t-elle légitime à vos yeux ?

- C'est l'alliance des Français avec l'écologie qui doit être posée. L'écologie, ce n'est pas : des taxes d'un côté, des pollueurs de l'autre. Les "yakafokon", et la cupidité. Donc oui, il faut rester au gouvernement, et construire : c'est tellement facile de critiquer de l'extérieur ! Il faut être dedans, à l'épreuve des contradictions.

Par ailleurs, on ne fait pas assez le lien entre environnement et santé. Si nous arrivions à produire sans polluer des produits non nocifs, nous ferions d'énormes économies sur la santé publique. J'aimerais bien que le ministère de la Santé soit plus véloce sur le sujet...

Vous réclamez une loi cadre sur l'économie circulaire, évoquée par Delphine Batho elle-même. Quel en serait le contenu ?

- Aujourd'hui nous produisons de manière linéaire : on extraie, on construit le produit, on le jette. Nous perdons des matières premières. Nous ne collectons que 50% des bouteilles en plastique... Un Français achète 22 kg de matériel électrique par an. On compte 70 à 80 appareils électriques dans chaque famille et seulement 7 kg sont récupérés par le recyclage. Il faut créer une circularité, transformer le mot déchet en matière valorisable.

Plusieurs pays sont en avance sur nous quant à une loi cadre sur l'économie circulaire. L'Angleterre, la Hollande... Et même la Chine !

Dans cette loi cadre, les industriels, la société civile via les ONG, les syndicats, les universités, les territoires seraient impliqués, pour voir quelles sont les richesses à produire dans les 10 ou 15 ans à venir. Le péril avance à une vitesse folle, et les progrès par millimètre. Nous avons besoin d'unions stratégiques inédites.

Propos recueillis par Laura Fernandez Rodriguez - Le Nouvel Observateur

Lien vers l'interview sur le site du Nouvel Observateur : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20130702.OBS6140/j-ai-un-doute-sur-l-ambition-ecologique-du-gouvernement.html

Vendredi 19 Juillet 2013



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François-Michel Lambert

Député des Bouches du Rhône (Allauch, Auriol, Belcodène, Bouc-Bel-Air, Cadolive, Gardanne, Gréasque, La Bouilladisse, La Destrousse, Meyreuil, Mimet, Peypin, Plan-de-Cuques, Roquevaire, Saint-Savournin, Simiane-Collongue)

Ancien Vice-président de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire de l'Assemblée nationale

"Le député du Jour" sur LCP



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