François-Michel Lambert, Député écologiste des Bouches du Rhône #circo1310


Quand les PME changent au nom de l'innovation verte


Nous reprenons ci-après un article paru dans les Echos du 3 juillet dernier


Quand les PME changent au nom de l'innovation verte
Changer de business model pour développer son activité ? C'est le pari de quelques PME qui osent. Des entreprises du Nord prévoient ainsi de se convertir à l'économie circulaire d'ici à la fin de l'année.

Des PME conscientes que leur activité est menacée à terme et qui changent de modèle d'affaires. Voici l'étonnant pedigree des entreprises que couve Christophe Sempels, professeur de développement durable à Skema Business School. En septembre dernier, une grosse vingtaine de PME du nord de la France réunies par le réseau Alliances et le Centre des jeunes dirigeants d'entreprise se sont initiées à l'économie circulaire. « Issues de secteurs très différents, toutes ont réalisé la fragilité de leur offre », indique l'universitaire. A l'issue de la réunion, elles se sont engagées dans un objectif audacieux : convertir 80 % de leur chiffre d'affaires vers des modèles d'affaires alternatifs d'ici à la fin de l'année 2013.

Quand les PME changent au nom de l'innovation verte
L'un d'eux, Jean-Michel Lehembre, PDG de CVP (8,5 millions de chiffre d'affaires et 20 employés), raconte : « Nous sommes tous conscients que nos modes de production linéaires ne sont pas durables. » Ce dirigeant d'un fournisseur d'emballages en plastique pour l'industrie cherche depuis plusieurs années à s'affranchir de sa dépendance par rapport aux matières premières fossiles avec par exemple l'introduction de polyéthylène végétal. Mais Jean-Michel Lehembre a choisi d'aller plus loin en réduisant la consommation de matière. Dans son activité annexe de vente d'abrasifs pour les industriels du traitement de surface, le dirigeant a innové : « Nous avons créé une offre de service d'abrasion, nous vendons cette prestation et les abrasifs restent notre propriété. Au lieu d'être jetée après chaque utilisation, la matière première est récupérée et réutilisée. » En phase de lancement, cette offre n'a que deux ou trois clients comme une fonderie d'aluminium. « La location est moins chère pour les clients, ils n'ont plus à gérer les déchets et nous avons constaté que les usines deviennent plus propres », indique Jean-Michel Lehembre.

L'innovation verte, une voie d'avenir encore peu récompensée économiquement

Grâce aux échanges avec le groupe des 20 entreprises et la méthodologie apportée par Christophe Sempels, l'entrepreneur a choisi de changer encore plus radicalement son activité d'emballages. Il proposera dans quelques mois une offre de service qui assurera des fonctions élargies d'emballage sans consommation de matière première, une innovation qu'il affine discrètement avec ses équipes.

 « L'innovation verte peine à être récompensée économiquement. Les consommateurs continuent de privilégier le prix », explique Christophe Sempels. L'expert a convaincu une dizaine d'entreprises du pays de Grasse de s'engager dans la même démarche, qui intéresse également un autre réseau en Rhône-Alpes.

 Vers une loi-cadre sur l'économie circulaire

L'économie circulaire promet beaucoup mais peine à se développer. Du coup, les initiatives se multiplient pour la relancer. Les Pays-Bas ont dévoilé la semaine dernière un rapport chiffrant à 7 milliards d'euros le gain en PIB d'une conversion massive des modèles d'affaires des entreprises du pays vers l'économie de la fonctionnalité, la consommation collaborative ou les circuits circulaires des matières premières.

En France, François-Michel Lambert a fait voter il y a quelques jours, en commission des Affaires économiques, un amendement commandant une étude similaire sur l'Hexagone d'ici à juin 2014. Ces travaux cherchent à affiner au plan national les deux rapports rédigés en 2012 et 2013 par McKinsey pour la fondation Ellen McArthur. Ils chiffraient à plus de 350 milliards d'euros le gain européen. Son auteur, Helga Vanthournout, constate depuis chez les clients de McKinsey un vif intérêt pour ce sujet. «  Les politiques sont très en retard sur les entreprises », regrette François-Michel Lambert. La conférence environnementale de la fin septembre pourrait déboucher sur une loi-cadre incrivant l'optimisation des matières premières comme priorité de l'économie française.

Lundi 8 Juillet 2013



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François-Michel Lambert

Député des Bouches du Rhône (Allauch, Auriol, Belcodène, Bouc-Bel-Air, Cadolive, Gardanne, Gréasque, La Bouilladisse, La Destrousse, Meyreuil, Mimet, Peypin, Plan-de-Cuques, Roquevaire, Saint-Savournin, Simiane-Collongue)

Vice-président de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire de l'Assemblée nationale

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