François-Michel Lambert, Député écologiste des Bouches du Rhône #circo1310


Quand les boues rouges tentent de se mettre au vert


Cet article de Sabrina Guintini est paru dans le journal la Marseillaise du 8 avril 2013


Quand les boues rouges tentent de se mettre au vert
Altéo devra, fin 2015, arrêter définitivement le rejet des boues rouges, issues de la production d'aluminium, en mer. Seule option possible : la revalorisation des déchets.

Dans les environs de Bouc-Bel-Air, le site de Mangegarri offre un spectacle étonnant : ici, la végétation - chênes, lavande, pins - croît sur des couches impressionnantes de bauxaline (résidu de bauxite), stockée là à sa sortie de l’usine Alteo. La terre végétale qui la recouvre masque difficilement sa couleur particulière, identique à celle des fameuses boues toujours rejetées au large de Cassis, via une conduite de près de 50 km. En 1966, le rejet des boues rouges à la mer a été décidé par Pechiney pour pallier le problème de saturation de Mangegarri. Mais l’usine devra fermer les vannes en 2015, date à laquelle elle s’est engagée auprès de l’État à arrêter les déversements maritimes. Problème : le site de Mangegarri ne pourra à lui seul assurer le stockage des résidus de bauxite. Pour la direction, la solution est toute trouvée : solidifier les résidus grâce à des filtres presse - l’un mis en service dans l’usine en 2005, le 2e en construction à Mangegarri - pour les commercialiser sous le nom de bauxaline.

Des vertus dépolluantes

Parmi les utilisations possibles du produit : la réhabilitation de décharges, filière qui a permis la valorisation de 11 500 tonnes de bauxaline en 2010 (84 000 en 2011). Autres filières concernées : le bâtiment, les remblais de routes... Mais est-ce suffisant ? A terme, 130 000 tonnes annuelles de résidus devront être valorisées. Les décharges et remblais de routes ne suffiront pas à atteindre cet objectif. Paradoxalement, alors que le débat environnemental autour d’Alteo n’en finit pas d’agiter la sphère citoyenne et politique, c’est vers un secteur inattendu que l’entreprise trouve une porte de sortie : les vertus dépolluantes de la bauxaline. « ça n’est pas de la poudre aux yeux, assure Henri Thomas, directeur de l’usine. Deux ans de recherche ont été nécessaires pour démontrer que les résidus de bauxite modifiés pouvaient devenir des dépolluants des eaux et des sols. » Techniquement, il s’agit de transformer les résidus en une poudre capable de capturer polluants métalliques et phosphates. Cent cinquante mille euros ont été investis dans des équipements dédiés. Si des efforts sont déployés pour permettre à l’usine de ne plus rejeter les boues à la mer en 2015, reste le problème des eaux de procédé, impossibles à revaloriser. Plusieurs hypothèses sont à l’étude : leur recyclage dans le procédé, le stockage souterrain... ou la reconduite des rejets. Éventualité qui ne satisfera sans doute pas le collectif « Non aux boues rouges », mené par les eurodéputés José Bové et Michèle Rivasi. Ce que regrette Henri Thomas : « On a besoin de soutien de la part des politiques. Nous devons passer de la confrontation à la collaboration. »

Les salariés en colère

Côté salariés, la colère est de mise. Pour Harold Perillous, « ces gens salopent notre travail, nous pointent du doigt. Pourquoi ils n’attendent pas 2015 ? Ce collectif, comme celui qui s’oppose au projet biomasse à la Centrale, met en danger nos emplois. Sur ce point, on est à 120% avec la direction ». Fin 2012, Michèle Rivasi (EELV) affirmait : « Nous ne souhaitons pas la fermeture de l’usine, qui emploie des centaines de personnes. Mais d’autres pays ont ce type de production et ne rejettent pas en mer, inspirons-nous de leurs pratiques. »

Pour le député EELV de la circonscription, François-Michel Lambert, « il ne faut pas nier les problèmes d’impacts environnementaux des boues rouges. C’est pour cela que le site a obligation d’arrêter tout rejet fin 2015. Et la commercialisation de la bauxaline est la seule alternative au maintien de l’activité. Il faut inverser la logique consistant à payer pour avoir le droit de polluer pour passer à une logique où il n’y a plus de déchets donc plus l’obligation de payer ». Et de conclure : « Le 4 avril je présentais à l’Unesco, l’Institut de l’economie circulaire. Pour illustrer combien ce modèle économique est vital, je citais Altéo et ce changement de process. Altéo a les regards du monde entier braqués sur sa réussite afin de démontrer que c’est la bonne solution. »

Mardi 9 Avril 2013



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François-Michel Lambert

Député des Bouches du Rhône (Allauch, Auriol, Belcodène, Bouc-Bel-Air, Cadolive, Gardanne, Gréasque, La Bouilladisse, La Destrousse, Meyreuil, Mimet, Peypin, Plan-de-Cuques, Roquevaire, Saint-Savournin, Simiane-Collongue)

Vice-président de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire de l'Assemblée nationale

"Le député du Jour" sur LCP



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