François-Michel Lambert, Député écologiste des Bouches du Rhône #circo1310


Ouverture de la COP 21 - Discours du Président de la république François Hollande



Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
Mesdames et Messieurs les chefs d’état et de gouvernement,
Madame la secrétaire exécutive de notre conférence (la CCNUCC),
Mesdames et Messieurs les ministres,

C’est un jour historique que nous vivons. La France accueille 150 chefs d’Etat et de gouvernement, des milliers de délégués venus de tous les continents.

Jamais une conférence n’avait accueilli autant d’autorités, venues d’autant de pays. Jamais l’enjeu d’une réunion internationale n’avait été aussi élevé car il s’agit de l’avenir de la planète, de l’avenir de la vie.

Et pourtant, il y a deux semaines, ici même à Paris, c’est la mort que semait un groupe de fanatiques dans les rues.

Je veux ici vous exprimer la reconnaissance du peuple français pour toutes les marques de soutien, tous les messages tous les signes d’amitié qui nous avons reçu depuis le 13 novembre.

Les événements tragiques nous affligent mais plus encore nous obligent. Ils nous forcent à nous concentrer sur l’essentiel. Votre présence soulève un immense espoir que nous n’avons pas le droit de décevoir. Car ce sont des peuples et des milliards d’êtres humains qui ont le regard porté sur nous.

Je n’oppose pas la lutte contre le terrorisme à la lutte contre le réchauffement climatique. Ce sont deux grands défis mondiaux que nous devons relever. Parce que nous devons laisser à nos enfants davantage qu’un monde libéré de la terreur. Nous leur devons, une planète préservée des catastrophes. Une planète viable.

L’année que nous venons de vivre l’année de tous les records : record de température, record de concentration de CO2 dans l’atmosphère, record du nombre événements climatiques extrêmes, sécheresse, inondations, cyclones, fonte des glaces, hausse du niveau de la mer, acidification des océans.

Les victimes de ces phénomènes se comptent par millions, et les dommages matériels par milliards.

Aucun pays, aucune région n’est à l’abri des effets du dérèglement climatique.
Mais comment accepter que ce soit les pays les plus pauvres, ceux qui émettent le moins de gaz à effet de serre, ceux qui sont les plus vulnérables qui soient encore davantage touchés C’est donc au nom de la justice que je m’exprime aujourd’hui devant vous, au nom de la justice climatique, que nous devons agir.

Prenons conscience de la gravité de la menace sur les équilibres du monde. Le réchauffement annonce des conflits comme la nuée porte l’orage.

Il provoque des migrations qui jettent sur les routes plus de réfugiés que n’en génèrent les guerres. Des Etats risquent de ne plus pouvoir satisfaire les besoins vitaux de leurs populations avec des risques de famine, d’exode rural ou d’affrontement à ce bien de plus en plus rare qui s’appelle l’eau pour accéder à l’eau.

Oui ce qui est en cause lors de cette conférence climat, c’est la paix.

Et pourtant une espérance s’est levée à travers la préparation de la COP 21.

La communauté internationale s’est dotée en septembre dernier d’un agenda complet, à travers les objectifs du développement durable adoptés en septembre dernier à l’ONU. Et je veux féliciter le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

190 Etats, c’est à dire la quasi-totalité de la planète, ont formulé des plans d’action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux dérèglements climatiques dans leur région respective.

Tous les acteurs de la société mondiale, les collectivités locales, les entreprises, les investisseurs, les citoyens se sont engagés pour le climat.

A cette prise de conscience, à cette mobilisation s’ajoutent les progrès fulgurants réalisés dans les énergies propres et renouvelables qui ouvrent la perspective d’une économie moins carbonée, avec des villes vertes et des espaces naturels mieux protégés. Nous sommes désormais capables de définir une stratégie d’adaptation aux impacts des dérèglements climatiques.

Pour réussir cette conférence, la France a jeté toutes ses forces dans ce combat, et mobilisé l’ensemble de son gouvernement, à commencer par le Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. J’ai moi-même visité les régions les plus affectées par le changement climatique. J’en suis revenu avec la même conviction : nous devons assurer un développement durable et équitable sans pour autant compromettre l’environnement global et les ressources limitées de notre planète. Telle est l’équation que nous avons à résoudre ensemble pendant cette conférence.

J’ai voulu que les chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier soient rassemblés dès le début de cette COP21 pour donner à cette conférence un souffle et une ambition à la hauteur de l’enjeu car le 12 décembre un accord doit être trouvé à Paris.

A quelles conditions pourra-t-on estimer que nous aurons collectivement trouvé un bon accord, un accord à la hauteur des temps? J’en vois trois.

La première, c’est que nous dessinions une trajectoire crédible permettant de contenir le réchauffement global en dessous des 2° Celsius, ou même 1,5°C si possible. Pour être sûrs d’y parvenir, il faudra prévoir une évaluation régulière de nos progrès au regard des dernières conclusions de la science, et donc mettre en place un mécanisme de révision à la hausse de nos engagements, avec des rendez –vous tous les 5 ans.

La deuxième condition, c’est que nous apportions au défi climatique une réponse solidaire. Aucun Etat ne doit pouvoir se soustraire à ses engagements mais si un mécanisme de différenciation pourra prendre en compte des niveaux de développement et des situations. Aucun territoire ne doit être laissé seul face au dérèglement et notamment les plus vulnérables. Je pense à ces îles qui peuvent à brève échéance purement et simplement disparaître.
Je veux ici en être leur porte-parole parce que c’est la diversité même de la planète qui est en cause.

Tirons en les conclusions : l’accord doit être universel.

Les pays développés doivent assumer leurs responsabilités historiques, les pays émergents accélérer leur transition énergétique, les pays en développement être accompagnés dans leur adaptation aux impacts climatiques. D’où la nécessité de dégager des financements pour faciliter les transferts de technologie.

Nous avions fixé à Copenhague l’objectif des 100Mds. Aujourd’hui il doit non seulement être atteint mais dépassé avec des garanties sur l’origine des ressources et leurs disponibilités.

Enfin, la troisième condition pour qu’il y ait un accord à Paris, c’est que toutes nos sociétés dans leur grande pluralité, dans leur grande diversité, se mettent en mouvement. L’ensemble des dirigeants locaux, des investisseurs, des acteurs économiques et sociaux, des citoyens et même des grandes consciences, des religions, tous ceux qui contribuent à façonner l’esprit public mondial, tout ce mouvement doit comprendre que la donne a changé. Ce sont eux aussi qui détiennent les clés de du défi climatique.

Je veux rendre hommage ici à cet instant à tous les pionniers de la cause écologique, aux précurseurs qui, il n’y a pas si longtemps encore, devaient affronter incrédulité et dédain pour leurs alertes et leurs propositions.

En quelques années, les esprits ont profondément évolué.
Les entreprises et les acteurs financiers hier réticents sont désormais prêts à s’engager et à modifier leur comportement. Faut-il encore leur envoyer les signaux indispensables. C’est l’enjeu de l’introduction progressive du prix du carbone pour que les émissions de gaz à effet de serre aient un coût qui corresponde aux dommages infligés à la planète. Et pour que les choix d’investissement soient peu à peu modifiés afin que toutes les technologies puissent être accessibles à tous.

Mesdames et Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement,
Je vous le dis clairement, pour résoudre la crise climatique, les bons sentiments, les déclarations d’intentions ne suffisent pas. Nous sommes au bord d’un point de rupture.

Paris doit être le point de départ d’une profonde mutation. Nous ne pouvons plus considérer la nature comme un vulgaire et inépuisable réservoir de ressources destiné à notre seul et plein accomplissement.

Cette transformation est à la fois une obligation morale et une opportunité mondiale. Elle nous ouvre des possibilités de développement grâce à l’émergence d’une économie décarbonée avec des énergies renouvelables, des modes de transport propre, le recyclage des déchets, l’agro écologie, la préservation de la biodiversité, l’accès de tous aux biens publics mondiaux.

Ainsi en rendant l’électricité accessible à tous et notamment en Afrique, c’est plus que de la lumière qui sera apportée, c’est la connaissance, c’est l’éducation c’est le développement.

Nous sommes en ce premier jour de la conférence au pied du mur. Ce mur est fait de l’addition de nos égoïsmes, de nos appréhensions, de nos résignations. Ce mur, il est construit sur l’indifférence, l’insouciance, l’impuissance. Il n’est pas infranchissable. Tout dépend de nous.

Mesdames et Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement,
Sur nos épaules repose l’espoir de toute l’humanité.
Je mesure moi-même, dans la tâche que j’accomplie, combien combiner l’impératif de l’urgence, avec ce qu’elle implique, et les choix de long terme, oui cet équilibre n’est pas facile à trouver mais là encore il nous oblige.

Notre plus grand défi, c’est de passer d’une mondialisation basée sur la compétition à un modèle basé sur la coopération, où il sera plus rentable de protéger que de détruire. Nous devons penser la planète comme un espace unique, établir un pacte d’équité entre le Nord et le Sud et un partenariat entre l’Homme et la Nature.

C’est pourquoi nous sommes réunis, nous les dirigeants de la planète. Paris est un rendez-vous exceptionnel. Nous allons décider en quelques jours pour quelques décennies.

Le plus grand danger n’est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, le plus grand danger c’est qu’il soit trop bas et que nous l’atteignons.

Alors plaçons le plus haut possible notre ambition pour que nous puissions au moins l’approcher car il s’agit de décider ici à Paris de l’avenir même de la planète

C’est en visant haut que l’on décidera pour longtemps de la vie sur notre planète.

 

Lundi 30 Novembre 2015



Dans la même rubrique :
< >

François-Michel Lambert

Député des Bouches du Rhône (Allauch, Auriol, Belcodène, Bouc-Bel-Air, Cadolive, Gardanne, Gréasque, La Bouilladisse, La Destrousse, Meyreuil, Mimet, Peypin, Plan-de-Cuques, Roquevaire, Saint-Savournin, Simiane-Collongue)

Ancien Vice-président de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire de l'Assemblée nationale

"Le député du Jour" sur LCP



Newsletter

Rechercher

Suivez-moi
Twitter
Facebook
Mobile
Rss



Retrouvez les artisans et les producteurs de la 10ème circonscription